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La myco-économie ou la commercialisation des champignons forestiers

La commercialisation des champignons est une activité traditionnelle importante dans plusieurs pays d’Europe et d’Asie; en France notamment, on parle de « myco-économie ».

Au Québec, plusieurs petites entreprises commencent à se positionner sur le marché des champignons forestiers. Citons en exemple la Gaspésie, qui s’organise depuis quelques années et qui a commercialisé environ 8 tonnes de champignons en 2008. Plus au nord,en forêt boréale, une opération spontanée de cueillette sur tous les sites brûlés en 2006 a permis de récolter environ 3 tonnes de morilles, une première au Québec.

La cueillette des champignons sauvages comestibles est l’une des activités commerciales les plus prisées tant dans les Territoires du Nord Ouest qu’au Yukon.

Plus de 300 000 ha de forêts ont brûlé au Québec en 2007. Dans la grande région de la Baie-James, environ 2 tonnes de Matsutakes ont été récoltées la même année, laissant présager des récoltes encore plus importantes pour l’avenir. Toutes espèces confondues, la récolte commerciale de champignons forestiers au Québec aurait atteint environ 25 tonnes en 2008.

Côté industrie, les activités de récoltes et les différentes étapes de conditionnement et de  transformation pourraient créer des opportunités d’emplois intéressantes directement en région.

Le matsutake
Prenons l’exemple du Matsutake qui est essentiellement vendu sur le marché japonais. L’espèce retrouvée sur le territoire québécois est celle qui est la plus recherchée au monde. Ce champignon représente la valeur la plus commercialisée, elle est si élevée qu’elle peut dépasser la matière ligneuse sur une même superficie. Ce qui signifie que la présence de cette variété confère un avantage considérable au Québec.

La chanterelle
Autre exemple intéressant la Chanterelle Commune est l’espèce la plus transigée à l’échelle mondial. Des études effectuées sur le territoire québécois ont démontré l’abondance de ce champignon et le potentiel commercial qu’il représente à lui seul. Elle est qualifiée d’espèce idéale pour la commercialisation, sa période de fructification s’étale sur deux à trois mois dépendamment où elle est cueillie, en plus de demeurer constante d’une année à l’autre. Par ailleurs, elle est relativement facile à conserver.

Ici au Canada, la majeure partie des récoltes de Chanterelles communes fraîches et de Bolets sont destinées aux marchés européens. Toutefois, en ce qui concerne la Morille par exemple, malgré quelques difficultés liées à sa récolte et à sa commercialisation, cette dernière figure parmi l’une des espèces des plus estimées dans le domaine culinaire.

La morille
Après la truffe, la morille est le champignon gastronomique le plus prisé à l’échelle mondiale. Malgré la présence de cette ressource précieuse sur le territoire québécois, la filière commerciale tarde à se structurer et à prendre son envol. Il convient  cependant de préciser que l’histoire de la mycologie québécoise est très récente comparativement à d’autres pays où la consommation et la commercialisation des champignons sauvages comestibles sont solidement ancrées dans les coutumes et activités économiques.

En comparant la coupe de bois et la cueillette de produits forestiers non-ligneux, la deuxième option s’avère plus lucrative et tend à se reproduire beaucoup plus vite que l’ensemencement des arbres, toutes variétés confondues. De plus, l’investissement est nul puisque les champignons reviennent année après année. Le but premier de cette recherche est de vous apprendre une manière différente de gérer votre boisé privé.

Source : Faculté de foresterie, Université Laval;

Biopterre;

Paul Stamets, Dr en Mycologie, USA